Si vous avez vu un membre de votre famille ou un collègue en arrêt cardiaque, sauriez-vous quoi faire? Novembre étant le mois de la RCR, on encourage plus que jamais les connaissances et la formation en RCR. Bien que cette initiative gagne en popularité, une nouvelle étude fait la lumière sur les craintes et les idées fausses à l’égard de la RCR, et l’utilisation d’un défibrillateur externe automatique (DEA).
L’étude
L’enquête nationale menée auprès de 2 784 personnes à la demande de Dorling Kindersley Publishing et de l’Ambulance Saint-Jean du Royaume-Uni, de St Andrew’s First Aid et de la Croix-Rouge britannique a révélé que seulement 14 % des personnes réagiraient en cas d’urgence et administreraient la RCR, laissant l’écrasante majorité des personnes qui ont déclaré préférer appeler les services d’urgence plutôt que d’agir elles-mêmes. Le sondage a également montré qu’à peine 9 % des passants demanderaient de l’aide à d’autres personnes, ce qui est particulièrement préoccupant quand on sait que la plupart d’entre nous sont beaucoup plus susceptibles d’administrer la RCR aux membres de notre famille immédiate. Quand on leur a demandé ce qu’ils feraient si leur propre père s’effondrait, si son cœur s’était arrêté et s’il ne respirait plus, seulement deux personnes sur cinq ont répondu qu’elles procéderaient à une réanimation cardiaque; alors que la majorité des membres de la famille choisiraient d’appeler les services d’urgence en premier.
Quelles sont quelques-unes des autres statistiques dignes de mention que l’enquête a révélées?
- La plupart des gens ne sont pas à l’aise avec l’idée de faire du bouche-à-bouche et ne comprennent pas quand l’utiliser
- Plus de la moitié des personnes interrogées ne savaient pas quand utiliser un défibrillateur
- Deux personnes sur trois (65 %) estiment qu’une formation est nécessaire avant de pouvoir utiliser un défibrillateur
- La plupart des gens ont dit qu’ils ne sauraient pas comment utiliser un DEA et qu’ils étaient nerveux de causer plus de dommages
- Les hommes étaient beaucoup plus confiants quant à l’utilisation d’un DEA (défibrillateur), une fois les instructions disponibles, alors que les femmes semblent très réticentes à le faire (53 % c. 29 %)
Les DEA sont conçus pour être faciles à utiliser afin que n’importe qui, y compris les passants non formés, puisse agir, car ils sont de plus en plus disponibles dans les lieux publics et ont des instructions étape par étape simples. Les crises cardiaques, qui surviennent lorsque le flux sanguin vers le cœur est bloqué, par opposition aux arrêts cardiaques, qui surviennent lorsque le cœur fonctionne mal et cesse de battre de façon inattendue, coûtent la vie à plus de 23 000 Canadiens chaque année. Reconnaître les premiers signes d’une crise cardiaque peut sauver une vie. Si une crise cardiaque entraîne un arrêt cardiaque, la réanimation et l’application d’un défibrillateur externe automatisé (DEA) peuvent potentiellement sauver une vie. Selon les estimations, si le nombre de Canadiens qui connaissent et peuvent pratiquer la RCR doublait, un millier de vies pourraient être sauvées dans tout le pays chaque année. Mais connaître les compétences ne suffit pas, il faut avoir confiance en soi pour réagir à la situation.
Comment développer la confiance pour répondre
La question de la confiance pour réagir est la raison pour laquelle Active Canadian Emergency Training (ACET) a été créé en 1992 par des ambulanciers spécialisés en soins avancés et en ambulance aérienne. L’ACET a été mis sur pied dans le but de combler les lacunes dans la formation d’urgence qu’ils ont observées lorsqu’ils ont répondu aux appels au 911. Les fondateurs de l’ACET rencontraient souvent des intervenants formés aux premiers soins qui n’étaient pas confiants pour répondre à l’urgence. Les intervenants ont été déroutés par les étapes complexes qu’on leur avait apprises et ils étaient figés et incapables de répondre. Les fondateurs de l’ACET savaient qu’ils pouvaient développer une meilleure approche, progressive et facile à mémoriser, des premiers soins et des interventions d’urgence tout en couvrant tout le contenu requis. De ce concept est née « The ApproachMC to Emergency Training » (L’Approche de la formation aux urgences).
Les principes d’enseignement de l’ACET commencent avec l’Approche pour gérer les urgences. « L’Approche est un cadre graduel qui est conçu pour donner aux participants la confiance nécessaire pour intervenir dans les 5 à 7 premières minutes d’une situation d’urgence, avant l’arrivée des ambulanciers, » explique Andrew Outinen, directeur général de l’ACET.
L’Approche a été couronnée de succès. À tel point que les participants s’y réfèrent souvent pour raconter comment la formation les a aidés dans leur propre vie. Quelques jours après avoir suivi le cours Approche de l’ACET, Ashley Kirmin, agent de la région de Peel, a dû faire face à une urgence médicale familiale, et il affirme que l’Approche lui a donné la confiance nécessaire pour réagir. Ashley a remercié Deb, formatrice de l’ACET : « Deb, je voulais te remercier, car sans tes conseils sur l’immobilisation de la jambe, j’aurais sans aucun doute gaspillé l’injecteur et dû en administrer un autre. Aussi grâce à votre enseignement, tant pendant la journée que pendant mon voyage à la maison, j’ai pu répéter mentalement exactement ce que je ferais si quelque chose se produisait. Eh bien quelque chose s’est produit, et tout s’est si bien passé. Tout le monde a été fantastique, du personnel ambulancier au personnel médical pendant notre processus de surveillance à l’hôpital. « Votre formation m’a donné la confiance nécessaire pour faire exactement ce qu’il fallait faire et je voulais à la fois vous féliciter et vous remercier – de moi-même et de ma famille. Le fait de savoir que nous responsabilisons les gens grâce à une éducation appropriée et que nous contribuons à sauver des vies me rend heureux d’aller travailler tous les jours, » explique Outinen. Bien que les nouvelles conclusions du sondage puissent être décourageantes et alarmantes pour certains, des histoires comme celle de Kirmin montrent qu’avec la formation et l’information appropriées, les gens peuvent avoir la confiance nécessaire pour répondre et sauver une vie. Alors que le Mois de la RCR touche à sa fin, nous espérons que l’accent mis sur l’importance de cette formation augmentera la confiance et la volonté d’intervenir, et que plus de vies seront sauvées.
